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Réglementation de la canalisation


Le premier décret de canalisation (1847)

Le palatin Joseph (vice-roi en Hongrie) élu à ce titre en 1796, œuvrait pendant près de 50 ans pour rendre toujours plus belle la ville. En 1801, il transmet personnellement au roi sa proposition sur l’embellissement de Pest. Dans cette proposition, il parle à deux reprises de la canalisation. Voici une citation du chapitre intitulé Construction des égouts souterrains et la suppression des obstacles : « Pour des raisons de santé publique et de la propreté des rues, toutes les villes doivent être dotées des égouts souterrains. Il faudrait encourager les propriétaires de maison de construire des égouts reliant leurs maisons aux égouts principaux et de boucher les fosses septiques qui infectent les rues. » (1801)
Les dévastations de la grande crue de 1838 mettent en lumière la nécessité absolue de la mise au point de la canalisation de la ville afin d’assurer la sécurité de la population et de ses biens. Cette grave inondation ne s’explique pas uniquement par l’insuffisance des digues, mais aussi par le fait que les égouts n’étaient pas dotés des écluses, et c’est ainsi que l’eau avait facilement pénétré dans les territoires d’au-delà des digues.
En 1847, le Conseil de Lieutenance envoie au conseil de la ville de Pest son décret sur la construction des égouts souterrains sur le territoire de la ville de Pest. Ce premier décret de canalisation est approuvé par le Conseil de Lieutenance le 3 aoűt 1847 sous le numéro 32923, et le 1er septembre de cette même année il entre en vigueur sous le numéro 1671.
Le décret différencie les égouts selon leur fonction : il distingue les égouts collectifs et les égouts non collectifs. Les égouts collectifs sont : les égouts principaux et élémentaires, les collecteurs secondaires et principaux, ainsi que les égouts destinés à évacuer les eaux pluviales.
En vertu du décret (articles 3 à 4) l’administration de la ville a pour droit exclusif et pour devoir la construction des égouts. Le décret définit les devoirs de l’administration au sujet de la construction des égouts. Les travaux sont effectués par des entreprises à la suite des adjudications (articles 5). L’article 6 veut que l’administration de la ville décide en accord avec ses électeurs la construction des égouts. L’article 7 stipule que les ménages doivent être raccordés aux égouts.
L’article 8 dit que les coűts de la construction des égouts doivent être payés par les propriétaires des maisons se situant chaque côté de la rue. Les articles 9 à 15 définissent la répartition des frais. L’article 17 stipule la manière dont les égouts non collectifs doivent être raccordés aux égouts collectifs. L’article 19 permet de saisir la justice en cas de non paiement des dépenses. L’article 20 définit la date de l’entrée en vigueur du décret. 
 

La période précédant la canalisation générale de Budapest (1848-1868)

La première information officielle sur la longueur du réseau date des années 1860. A cette époque, sur la rive droite du Danube le réseau est d’une longueur de 26 300 m, sur la rive gauche il est de 54 000 m, ce qui fait au total une longueur de 80 300 m.
Avant la réunion de Pest et Buda, les égouts sont construits uniquement à Pest. Le cours du Danube constitue une frontière naturelle entre les trois villes, soit entre Óbuda, Buda et Pest. Au XVIIIe siècle, faute de moyens de transport adéquats, il n’existe pas de liaison permanente entre ces trois villes, surtout en période d’hiver. Avec la mise en service du premier pont en 1849 promu par le comte István SZÉCHÉNYI, les obstacles disparaissent. Le 24 juin 1849, quelques jours avant l’inauguration du pont, le ministre de l’intérieur du premier gouvernement indépendant de Hongrie, Bertalan SZEMERE édite un décret qui témoigne d’une lucidité extraordinaire : « … la capitale prendra de l’importance si elle est désormais dirigée par un seul pouvoir, elle sera florissante si elle est guidée par un seul esprit et une seule volonté, et elle sera heureuse si les intérêts divers se fondent dans un seul intérêt commun... l’état hongrois ne peut avoir qu’une seule capitale dont la force vivante est Pest et dont l’histoire et la mémoire sont assurées par Buda. »
La volonté de créer une seule capitale en unifiant les 3 villes (Óbuda, Buda et Pest) est donc évidente. Même si les acquis de la révolution de 1848/49 sont perdus, le régime absolutiste ne peut plus empêcher le développement de la ville. Dans les décennies suivant la révolution, les dirigeants de la ville s’occupent peu de la canalisation. Entre 1860 et 1873 la situation pourtant change : tandis qu’à Pest entre 1850 et 1870 le nombre des chantiers liés à la canalisation est de 60, entre 1871 et 1880 ce même nombre s’élève déjà à 325.
Le Comité d’Embellissement de la Ville existe jusqu’à 1857, mais son budget autonome se retrouve supprimé déjà en 1852. Il est intéressant de constater que ce Comité n’accorde aucune attention au développement de Buda. En dépit de toute bonne volonté d’améliorer l’état de la ville du point de vue de la canalisation, les avancées sont très timides.
 

L’état sanitaire de Budapest

D’après les communiqués des médecins du service de santé, des épidémies de choléra dévastent la ville en 1831, en 1854/55, en 1866 et en 1872/73. Le docteur József FODOR, professeur à l’université, révèle qu’à la suite des nappes phréatiques polluées et peu profondes (de ce qui résulte les immeubles humides et l’eau de puits mal propre), la résistance de l’organisme de la population urbaine s’affaiblit et ainsi les habitants des villes attrapent plus facilement les maladies épidemiques comme la typhoïde ou le choléra.

Le professeur FODOR a démontré qu’entre 1869 et 1877 dans des maisons alimentées par l’eau de conduite, un habitant sur 400 était décédé en choléra, tandis que dans les maisons utilisant l’eau de puits un habitant sur 200 avait perdu sa vie à cause de cette même maladie. En 1870, le taux de mortalité sur 100 000 habitants est de 4.310 à Budapest, de 3.050 à Vienne (1869), de 2.460 à Paris (1869) et 3.620 à Londres (1855).

« Le plan Bazalgette », 1869. Au milieu du siècle dernier, beaucoup de grandes villes se donnent pour priorité la construction des égouts. L’Angleterre est le premier pays à tirer les conséquences de l’épidémie de choléra de 1830 en votant les premières lois sur la canalisation des villes (Public Health Act). En conséquence, nombreux sont les ingénieurs anglais de grande renommée qui participent à l’élaboration des plans de canalisation des grandes villes européennes.



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